░░ ~ Les conseils littéraires d'Auré ~ ░░

Information abonnement à la Newsletter

       Vous êtes de plus en plus nombreux à vous abonner à la Newsletter de mon blog littéraire. Merci à vous.
.
       Pour celles et ceux qui hésitent à s’abonner, sachez que l'abonnement est GRATUIT et que votre adresse mail ne sert qu’à vous communiquer en temps réel des articles et informations publiés sur mon blog. Elle n’est et ne sera en aucun cas utilisée à des fins commerciales ou promotionnelles.
 
       Pour vous abonner gratuitement à la Newsletter, cliquez > ici
       Vous pourrez à tout moment vous désabonner si vous le souhaitez.
.

Posté par CultuFel à 00:06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


23 juillet 2017

Helena JANECZEK, Traverser les ténèbres

Helena JANECZEK, Traverser les ténèbres

       « Moi, depuis un bon moment déjà, il y a une chose que j’aimerais savoir. J’aimerais savoir s’il est possible de transmettre des connaissances et des expériences non avec le lait maternel, mais bien avant, à travers le placenta ou je ne sais comment, parce que le lait de ma mère, je ne l’ai pas bu, mais j’ai, en revanche, une faim atavique, une faim de mort de faim qu’elle, ma mère, n’a plus. »
 
        Ainsi s’interroge, dès le début du livre, la narratrice dont la mère, juive polonaise, a survécu à la Shoah qui a englouti toute sa famille. Car la vie quotidienne est imprégnée de cette expérience que les mots sont impuissants à communiquer. D’où le « dressage » continuel et parfois insupportable que la mère impose à sa fille, pour la prémunir contre les dangers, réels ou imaginaires, sans cesse aux aguets. D’où ce sentiment d’être étrangère au monde allemand et à sa culture, même si l’Allemagne a été, par la suite et pour un temps, leur terre d’adoption. Un voyage accompli ensemble, à Auschwitz- Birkenau, et raconté avec une pudeur infinie, permettra, malgré la douleur qu’il suscite, de rapprocher mère et fille, dans la tendresse et la compassion.
        Par étapes, graduellement, Helena Janeczek nous conduit au bord d’un abîme, dans ses propres ténèbres et dans celles de son histoire familiale : pour dépasser la stupéfaction devant le mal, il faut peut-être oser le regarder en face.

Biographie :

       Helena Janeczek, dont la mère est rescapée d’Auschwitz, est née à Munich en 1964, dans une famille de juifs polonais. Romancière, elle est également rédactrice pour la revue Nuovi Argomenti.
        Son roman Les Hirondelles de Montecassino (Actes Sud, 2012) a été récompensé par des prix littéraires prestigieux (Premio Napoli 2011, Premio Nazionale Pisa 2011, Premio Sandro Onofri, Premio Comisso…).

Actes Sud, avril 2014

Posté par CultuFel à 14:55:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

16 mai 2017

Frédéric ROUSSEAU, L'Enfant juif de Varsovie

Frédéric ROUSSEAU, L'Enfant juif de Varsovie

       Tout le monde connaît aujourd’hui la photographie de l’enfant juif du ghetto de Varsovie : au fil du temps, elle a transformé son protagoniste en « icône » de la Shoah. Fréquemment reproduite en une des magazines et sur des couvertures de livres, source d’inspiration pour les artistes, elle a aussi subi des recadrages qui, peu à peu, en ont fait une image de compassion, dépouillée de toute référence aux bourreaux. Frédéric Rousseau déconstruit et interprète ce récit photographique de 1943 à nos jours et s’interroge sur notre rapport à cette image, qui fait désormais partie de notre mémoire collective et que nous regardons sans voir.

Biographie

       Frédéric Rousseau est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry de Montpellier. Il a notamment publié La Guerre censurée (Seuil, 1999, Points Histoire, 2003) et Le Procès des témoins de la Grande Guerre (Seuil, 2003). Il a obtenu le prix de la Fondation Auschwitz de Bruxelles pour la rédaction de L’Enfant juif de Varsovie.

Éditions du Seuil, 2009

Posté par CultuFel à 18:28:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 avril 2017

PRIMO LEVI, Le Système périodique

Primo LEVI, Le Système périodique

        « Ce livre n’est pas un manuel de chimie : ma présomption ne va pas aussi loin [...]. Ce n’est même pas une autobiographie, sinon dans les limites partielles et symboliques où tout écrit, plus, toute œuvre humaine, est autobiographique, mais, d’une certaine façon, c’est bien une histoire. C’est, ou cela aurait voulu être, une microhistoire, l’histoire d’un métier et de ses défaites, victoires et misères, telle que chacun désire la raconter lorsqu’il sent près de se terminer le cours de sa propre carrière, et que l’art cesse d’être long. »
Primo Levi

       Livre d'envoûtement et de passion, Le Système périodique est l'un des plus beaux textes de Primo Levi. Confrontation superbe de la conscience avec la matière, l'écrivain tente un "classement" de quelques-uns des épisodes qui ont formé sa vie. Vingt et un chapitres, chacun placé sous le signe d'un gaz ou d'un métal, organisent ainsi le récit en séquences brèves : aventures, personnages pittoresques ou figures tragiques, bourreaux et victimes, la guerre, la déportation, la résistance au fascisme...

         Le roman d'une époque, par l'un des grands témoins du siècle.

Éditions Le Livre de Poche, 1995.

Posté par CultuFel à 23:31:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 avril 2017

ANONYME, Des voix sous la cendre : Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau

ANONYME, préface de Georges BENSSOUSSAN, Des voix sous la cendre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Entre 1942 et novembre 1944, l'Allemagne nazie assassine dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau plus d'un million de personnes, des Juifs européens dans leur immense majorité. Un Sonderkommando (unité spéciale), constitué de détenus juifs qui se relaient jour et nuit, est contraint d'extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser les cendres. Quelques hommes ont transcrit ces ténèbres et ont enfoui leurs manuscrits dans le sol de Birkenau. Cinq de ces textes ont été retrouvés après la guerre. Aucun de leurs auteurs n'a survécu, les équipes étant liquidées et remplacées à intervalles réguliers. Ce sont trois de ces manuscrits, dans une nouvelle traduction du yiddish pour partie inédite en français, qui sont présentés ici. La terreur, qui est la règle à Birkenau, est la toile de fond de cette histoire. C'est d'elle dont parlent tous les manuscrits retrouvés. Du silence, de l'absence d'évasion, de ce monde à l'envers où le meurtre est devenu la norme et l'impératif moral d'un peuple saisi d'une angoisse obsidionale. S'y ajoutent les dépositions lors du procès de Cracovie en 1946, de trois rescapés des Sonderkommandos, témoignages qui confirment, entre autres, l'intensité du massacre des Juifs de Hongrie au printemps 1944, les documents d'histoire, les photos de déportations, les archives allemandes. Témoignages qui racontent la panique de la chambre à gaz, des victimes mortes asphyxiées, piétinées avant même que n'opère le gaz, dans des scènes à proprement parler inimaginables. Mais qui évoquent aussi la jouissance prise à humilier et à martyriser autrui, le sadisme sans limites, puisque tout était permis contre un peuple placé hors humanité.

Éditions Calmann-Lévy, janvier 2005

Posté par CultuFel à 18:25:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


08 mars 2017

XINRAN, Chinoises

XINRAN, Chinoises

       Un dicton chinois prétend que « dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ». Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes. Épouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste. Un livre bouleversant, « décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir » (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).

Éditions Philippe Picquier poche, janvier 2005


Biographie de l'auteur

Xinran est née à Pékin en 1958. En 1997, elle s'installe à Londres et se marie. Chinoises est son premier livre. Il paraît dans vingt pays, dont la Chine.

Posté par CultuFel à 10:58:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 mars 2017

Aymeric CARON, No steak

Aymeric CARON, No steak

       Bientôt, nous ne mangerons plus de viande. Nous cesserons de tuer des êtres vivants - 60 milliards d'animaux chaque année - pour nous nourrir. En effet, en 2050, nous serons près de 10 milliards, et nos ressources en terres et en eau seront insuffisantes pour que le régime carné continue à progresser. Mais au-delà des raisons économiques et écologiques, la science tend à prouver que, contrairement à ce que nous avons longtemps cru, les animaux exploités sont des êtres sensibles, intelligents et sociaux. Dès lors, avons-nous encore le droit de les manger ? Pourquoi les chats et les chiens ont-ils un palace qui leur est dédié au Canada alors qu'en Chine ils peuvent finir au fond d'une casserole ? Pourquoi avons-nous choisi de consommer en priorité cochons, poulets et boeufs ? Comment ces animaux sont-ils produits ? Les végétariens vivent-ils plus longtemps que les carnivores ? Comment peut-on remplacer les protéines animales ? Aymeric Caron a mené l'enquête pour décrire, avec verve et humour, tous les aspects de notre étrange rapport à la viande.

Quatrième de couverture

Éditions J'ai lu, janvier 2014.

21 février 2017

Jean MAILLET, Langue française - Le massacre continue !

Jean MAILLET, Langue française - Le massacre continue

       Fautes d’accord, de conjugaison, de genre, pléonasmes, pataquès, anglicismes, barbarismes, solécismes polluent quotidiennement la langue de Molière, de Chateaubriand, de l’olympisme et des droits de l’homme ! Notre belle langue française est chaque jour un peu plus défigurée par ces fautes commises bien involontairement par des élites (journalistes, politiques…) de moins en moins regardantes !

       Les dénonciations qui composent cet ouvrage ne sont que des prétextes à rappeler quelques données fondamentales afin de provoquer une prise de conscience salvatrice, un électrochoc vital ! Tel un résistant de la première heure, Jean Maillet poursuit le combat de sa vie pour une langue française respectée, comprise et partagée par tous ses utilisateurs ! L’ennemi est clairement identifié, mais la bataille s’annonce longue et semée d’embûches.


Mobilisation générale !

       Grammairien et lexicographe passionné, Jean Maillet est l’auteur de plusieurs livres remarqués sur la langue française dont Donner de la confiture aux cochons et Langue française : arrêtez le massacre !

Éditions de l'Opportun, août 2016

Posté par CultuFel à 20:03:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 janvier 2017

Primo LEVI, Le devoir de mémoire

Primo LEVI, Le devoir de mémoire

       A la faveur d'une approche anthropologique des comportements en vigueur dans les camps nazis, Primo Levi reprend, en les élargissant, les thèmes déjà abordés dans l'essentiel de ses écrits. Il insiste notamment sur la différence entre l'œuvre du témoin et celle de l'écrivain.

       L'auteur de Si c'est un homme nous offre une leçon exemplaire de lucidité.

Éditions Mille Et Une Nuit, juillet 1997

Posté par CultuFel à 17:51:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

22 janvier 2017

Matthieu RICARD, Plaidoyer pour les animaux

Matthieu RICARD, Plaidoyer pour les animaux

       Nous tuons chaque année 60 milliards d'animaux terrestres et 1 000 milliards d'animaux marins pour notre consommation. Un massacre inégalé dans l'histoire de l'Humanité qui pose un défi éthique majeur et nuit à nos sociétés : cette surconsommation aggrave la faim dans le monde, provoque des déséquilibres écologiques, est mauvaise pour notre santé.

        En plus de l'alimentation, nous instrumentalisons aussi les animaux pour des raisons purement vénales (trafic de la faune sauvage), pour la recherche scientifique ou par simple divertissement (corridas, cirques, zoos).

        Et si le temps était venu de les considérer non plus comme des êtres inférieurs mais comme nos "concitoyens" sur cette terre ?

       Nous vivons dans un monde interdépendant où le sort de chaque être, quel qu'il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s'agit pas de s'occuper que des animaux mais aussi des animaux.

        Cet essai lumineux met à la portée de tous les connaissances actuelles sur les animaux, et sur la façon dont nous les traitons.
        Une invitation à changer nos comportements et nos mentalités.

Éditions Allary, octobre 2014


Extrait de l'introduction :

       Certains naissent avec des tendances naturelles à la compassion. Dès leur plus jeune âge, ils font preuve d'une bienveillance spontanée à l'égard de ceux qui les entourent, y compris les animaux. Tel ne fut pas mon cas. De famille bretonne, je suis allé à la pêche jusqu'à l'âge de 14 ans. Je me souviens aussi, dans mon tout jeune âge, d'avoir, avec des camarades de l'école communale, fait griller des fourmis en concentrant les rayons du soleil à l'aide d'une loupe. Rétrospectivement, j'en ai honte mais, plus encore, je suis déconcerté à l'idée que ce comportement me soit apparu normal. Quand j'avais 5 ans, au Mexique, mon père m'a emmené voir des corridas. C'était la fête, la musique était exaltante... Tout le monde semblait trouver cela très bien. Pourquoi ne suis-je pas parti en pleurant ? Était-ce un manque de compassion, d'éducation, d'imagination ? Il ne m'était pas venu à l'esprit d'essayer de me mettre à la place du poisson, de la fourmi, du taureau. Avais-je simplement le cœur dur ? Ou n'avais-je simplement pas réfléchi, pas ouvert les yeux ?

        Il a fallu du temps pour que s'opère en moi une prise de conscience. J'ai vécu plusieurs années avec l'une de mes grands-mères qui avait toutes les qualités qu'on peut attendre d'une grand-mère. Comme beaucoup de gens, par ailleurs bons parents ou bons enfants, elle était férue de pêche à la ligne. Lorsque nous étions en vacances, elle passait souvent ses après-midi à pêcher au bord d'un lac ou sur les quais du Croisic, en compagnie de vieilles Bretonnes qui portaient encore la coiffe en dentelle blanche des Bigoudens. Comment ces braves gens auraient-ils pu vouloir faire du mal à qui que ce soit ? Au bout de l'hameçon, les petits poissons frétillants qui sortaient de l'eau scintillaient dans la lumière. Certes, il y avait ce moment pénible, lorsqu'ils étouffaient dans le panier d'osier et que leurs yeux devenaient vitreux, mais je détournais vite le regard.

        Quelques années plus tard, alors que j'avais 14 ans, une amie me fit remarquer à brûle-pourpoint : « Comment ? Tu pêches ! » Le ton de sa voix et son regard à la fois étonné et réprobateur étaient suffisamment éloquents.

        « Tu pêches ?... » Soudain, la scène m'apparut très différemment : le poisson tiré de son élément vital par un crochet de fer qui lui transperce la bouche, étouffant dans l'air comme nous nous noyons dans l'eau. Pour attirer le poisson vers l'hameçon, n'avais-je pas aussi transpercé un asticot pour en faire un appât vivant, sacrifiant ainsi une vie pour en détruire plus facilement une autre ? Comment avais-je pu si longtemps détourner ma pensée de cette réalité, de ces souffrances ? Le coeur serré, je renonçai immédiatement à la pêche.

        Certes, en comparaison des drames qui dévastent la vie de tant d'êtres humains dans le monde, ma préoccupation pour de petits poissons peut sembler dérisoire. Mais ce fut pour moi un premier déclic.

        À l'âge de 20 ans, j'eus la grande chance de rencontrer des maîtres spirituels tibétains qui ont, depuis, inspiré chaque instant de mon existence. Leur enseignement était centré sur la voie royale de l'amour et de la compassion universels.

       Alors que, longtemps, je n'avais pas su me mettre à la place d'autrui, à l'école de ces maîtres j'ai peu à peu appris l'amour altruiste en ouvrant, du mieux que je le pouvais, mon esprit et mon coeur au sort des autres. Je me suis entraîné à la compassion et j'ai réfléchi à la condition humaine et à celle des animaux. Il me reste certainement un long chemin à parcourir, et je continue à faire de mon mieux pour avancer dans ma compréhension des enseignements que j'ai reçus.

Éditions Allary, octobre 2014